Le cimetière des mots non-dits
- 4 janv.
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J'ai arrêté d'accumuler le silence.
Avant, j'étais un expert pour me taire, pour ravaler mes nœuds, pour "laisser tomber". Mais j'ai découvert que la vie est insultamment courte pour trimballer tout ce que nous ne disons pas.
Maintenant, je dis ce que je ressens. Sans filtres. Et non pas parce que je suis immunisé contre la douleur, mais parce que j'ai compris qu'être sensible n'est pas être faible ; c'est la seule façon digne d'être humain.
Nous vivons dans une société de lâches émotionnels.
Nous sommes devenus des statues qui regardent la vie à travers un écran. Nous mesurons nos "likes" au bistouri, paniqués à l'idée que quelqu'un pense du mal de nous. Nous restons immobiles, critiquant depuis la touche ce que nous ne comprenons pas.
Et ce qui nous dérange le plus, ce qui nous fait vraiment exploser de l'intérieur, c'est de voir quelqu'un heureux.
Ça nous fait chier de voir quelqu'un d'authentique, de libre, qui fait ce qu'il veut sans demander la permission. Pourquoi leur lumière nous fait-elle si mal ? Parce qu'elle éclaire notre propre lâcheté. Cela nous dérange parce qu'ils ont le courage qui nous manque pour briser la cage.
Nous préférons être des sacs d'insécurités plutôt que d'admettre que nous admirons cette liberté. Et dans ce processus de nier qui nous sommes, nous laissons des cadavres sur le chemin.
Nous détruisons de vrais amours et amitiés pour ne pas prononcer deux phrases simples : "Je suis désolé". "Je t'aime". "Tu m'as fait mal".
Nous croyons qu'en nous taisant, ces émotions partent à la poubelle. Mensonge. Elles restent à l'intérieur. Elles pourrissent. Elles deviennent des taches qui aigrissent notre caractère et nous éloignent de ceux qui comptent vraiment.
Nous laissons échapper des personnes merveilleuses, des gens que nous aimons (que ça nous plaise ou non), juste pour maintenir cette pose de froideur, pour ne pas baisser la garde.
Moi, je suis descendu de ce train il y a des années.
Je l'ai fait sans peur. Et vous n'avez pas idée du bien que ça fait.
Aujourd'hui, quand je dis ce que je ressens, peu m'importe qu'il y ait une réponse ou non. Le soulagement ne dépend pas de ce que l'on reçoit, mais de ce que l'on relâche. Ça fait du bien parce que je n'ai plus peur. Et c'est cette absence de peur qui est la seule chose qui permet à mon âme d'être, enfin, en paix.
Et toi, qui me lis depuis ton silence, je te pose deux questions. La première est pour ton ego, la seconde est pour ton cœur :
1. Oseras-tu analyser pourquoi la vie des autres te dérange tant, si elle n'influence pas vraiment la tienne ?
2. Qui es-tu en train de perdre aujourd'hui juste parce que tu n'as pas le courage de dire ce que tu ressens


